Adultes maltraités pendant l’enfance : décrypter leur cerveau pour les aider à aller mieux


22 octobre 2021
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Ce projet est mené par Muriel Koehl dans l'équipe « Neurogenèse et physiopathologie » dirigée par Nora Abrous au Neurocentre Magendie à Bordeaux
Financement accordé à Muriel Koehl en 2020 dans le cadre de l'appel à projets « Environnement et santé ».
La grossesse est une période sensible pour le développement psychologique de l'enfant à naître.
Un stress maternel important peut notamment être à l'origine de troubles anxieux et dépressifs.
Les chercheurs souhaitent décrypter les mécanismes en jeu en vue d'ouvrir des pistes pour une meilleure prévention de leur émergence, mais également pour le développement de traitements.
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Les maladies psychiatriques sont des pathologies très répandues au sein de la population. On estime qu'un Français sur 5 en souffre actuellement. Ces affections peuvent avoir un lourd retentissement sur la qualité de vie des patients, et sont parfois difficiles à prendre en charge. Depuis plusieurs années, les chercheurs se penchent sur les facteurs environnementaux qui pourraient provoquer l'apparition de ces troubles. Les élucider permettrait de mettre en place des politiques de prévention, ou encore de mettre en évidence d'éventuelles cibles thérapeutiques.
Le projet mené par Muriel Koehl s'inscrit dans ce cadre : il vise à faire la lumière sur les conséquences d'un stress maternel durant la grossesse au niveau du développement cérébral de l'enfant. En effet, si la grande majorité des femmes enceintes savent que le tabac, l'alcool ou certains médicaments entraînent des risques pour le fœtus, elles ignorent généralement que le stress quelles subissent peut également avoir des séquelles durables sur l'enfant, notamment sur son développement cognitif et sa santé mentale. Ainsi, il augmente par exemple la probabilité d'apparition de troubles anxieux et dépressifs.
Dans ce contexte, il est très important de comprendre la « trajectoire développementale » des enfants ayant subi des stress in utero, c'est-à-dire la manière dont se développe leur cerveau au cours du temps. Il s'agit aussi d'analyser les conséquences à long terme de ce stress, notamment sur l'apparition de troubles mentaux à l'âge adulte, et de déterminer les mécanismes en jeu.
La première phase consiste en une étude épidémiologique menée à partir d'échantillons biologiques d'un large groupe d'enfants suivis depuis le début de la grossesse de leur mère, et ce pendant une dizaine d'années. Elle vise à établir les liens entre le stress maternel, le stress de l'enfant et sa trajectoire développementale, notamment l'apparition de troubles anxieux et de pathologies liées au stress. L'élucidation de ces liens devrait permettre, dans une perspective de prévention, d'effectuer un suivi plus attentif des enfants ayant été exposés à un stress maternel prénatal élevé.
Une fois ces relations établies, la seconde phase du projet vise à étudier, au sein de modèles animaux de stress maternel, le développement et le fonctionnement des régions cérébrales impliquées dans la gestion du stress et des émotions. Un phénomène fait plus particulièrement l'objet de l'attention des chercheurs : la formation de nouveaux neurones dans l'hippocampe, une structure du cerveau essentielle pour la gestion du stress et dont le dysfonctionnement a été impliqué dans l'apparition des troubles anxieux et dépressifs.
Ce projet pourrait ainsi permettre de mettre en évidence l'impact du stress maternel durant la grossesse sur l'apparition de troubles anxio-dépressifs chez l'enfant à naître : une avancée pour une meilleure prévention.
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