Déficit mental et hypersensibilité : une molécule rétablit un comportement normal dans le syndrome de l’X fragile:


02 novembre 2015
01
Cette recherche est menée par Etienne Herzog dans l'équipe « Synapse et cognition » dirigée par le Dr Yann Humeau à l'Institut Interdisciplinaire de neurosciences à Bordeaux.
Le Conseil Scientifique de la FRM a sélectionné le projet d'Etienne Herzog en 2015.
Le déficit intellectuel est un trouble répandu qui peut avoir des origines génétiques, congénitales ou environnementales.
Les chercheurs s'intéressent à l'impact cognitif lié à la mutation d'un gène, il1rapl1, qui entraînerait des défauts dans les processus d'apprentissage.
Ils souhaitent aujourd'hui caractériser les conséquences de cette mutation au niveau moléculaire pour mieux appréhender la pathologie.
02
Le déficit intellectuel maintenant appelé déficience intellectuelle, apparait dès l'enfance et se caractérise par un fonctionnement cognitif global inférieur à la moyenne.
Le déficit intellectuel est très fréquent, puisqu'on estime que près de 700 000 personnes en sont atteintes en France. Dans 50 % des cas, les causes du déficit cognitif sont inconnues. Ses origines peuvent cependant être très diverses : altérations génétiques, anomalies durant le développement fœtal, traumatismes…
L'équipe « Synapse et Cognition », au sein de laquelle travaille le Dr Etienne Herzog, étudie les déficiences intellectuelles liés à un défaut génétique : la mutation du gène il1rapl1.
Les chercheurs se penchent plus particulièrement sur les relations entre les défauts d'apprentissage rencontrés chez les patients et l'organisation du tissu nerveux. En effet, les processus d'apprentissage sont étroitement liés à l'organisation des cellules du cerveau : les neurones.
Lors de la mémorisation, les neurones modifient les contacts microscopiques qu'ils forment entre eux. Ces contacts sont appelés « synapses » et permettent le relai de l'information d'un neurone à l'autre. Les synapses jouent un rôle essentiel dans les processus de mémorisation et d'apprentissage.
Dans les formes génétiques de déficits cognitifs, et notamment les mutations de il1rapl1, on soupçonne l'existence de dysfonctionnements subtils aux synapses des patients. Par des expériences de physiologie et de comportement, l'équipe a déjà montré que des souris porteuses d'une mutation dans il1rapl1 présentent une réduction des capacités cognitives associée à la perturbation fonctionnelle d'une partie des synapses du cerveau de ces rongeurs.
Les chercheurs poursuivent actuellement leurs investigations afin d'identifier les retentissements de la mutation du gène il1rapl sur le contenu moléculaire des synapses. Ils ont développé pour cela une technique unique au monde leur permettant de prélever avec précision certaines synapses dans le cerveau des souris afin d'en analyser le contenu en protéines. Durant ce projet, l'équipe appliquera cette méthode afin de comparer les protéines des synapses de souris indemnes et de souris déficientes pour le gène il1rapl1.
Cette étude devrait ainsi apporter des informations précieuses sur les déficiences intellectuelles liées au gène il1rapl1 et, plus généralement, sur les déficits d'origine génétique.
03
Déficit mental et hypersensibilité : une molécule rétablit un comportement normal dans le syndrome de l’X fragile:
Déficit intellectuel : un nouveau test génétique pour les formes non spécifiques
Déficit intellectuel : découvrir les bases moléculaires de certaines formes génétiques
Maladies neurologiques et psychiatriques
Science ouverte
Découvrez les publications scientifiques en libre accès, liées aux projets financés par la FRM