Troubles des conduites alimentaires : l’impulsivité est associée à la boulimie et à l’hyperphagie boulimique dans la population


Les troubles des conduites alimentaires (TCA) sont des pathologies complexes touchant aussi bien les comportements alimentaires que la santé mentale. Anorexie, boulimie et hyperphagie boulimique figurent parmi les formes les plus fréquentes. Ces troubles résultent d’un ensemble de facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux. Leur prise en charge repose sur une approche pluridisciplinaire impliquant l’intervention de différents spécialistes.
Dans cette FAQ, la FRM répond aux questions les plus courantes sur les TCA.
Les principaux troubles des conduites alimentaires incluent l’anorexie mentale, caractérisée par une restriction alimentaire et une angoisse intense de la prise de poids, la boulimie, qui alterne crises alimentaires incontrôlées et comportements compensatoires, et l’hyperphagie boulimique, définie par des crises alimentaires sans compensation. D’autres formes de TCA plus rares existent, comme l’alimentation hypersélective, ou encore le pica.
Oui, les troubles des conduites alimentaires sont des pathologies psychiatriques. Ils affectent profondément la façon de s’alimenter, mais aussi l’image de soi et la gestion des émotions. Ils nécessitent une prise en charge spécialisée, incluant une psychothérapie, un suivi médical et un accompagnement nutritionnel.
Les troubles des conduites alimentaires sont liés à un ensemble de facteurs de risque. Parmi eux, on retrouve des prédispositions génétiques et des facteurs socioculturels touchant à l’image du corps, comme la pression sociale autour du poids et de l’apparence qui pèse dans certains milieux tels que le sport ou la mode. Des facteurs psychologiques, le stress ou encore des troubles anxieux et dépressifs peuvent également jouer un rôle dans le développement de TCA. Enfin, le microbiote intestinal est aussi suspecté d’intervenir dans l’apparition et l’évolution de ces troubles.
Les trois principaux comportements compensatoires associés aux troubles des conduites alimentaires sont les vomissements provoqués, la prise de laxatifs ou diurétiques et l’exercice physique excessif. Ils sont utilisés pour éviter la prise de poids après des crises alimentaires dans la boulimie et dans certains cas d’anorexie mentale.
Il est difficile de « stopper » un trouble de la conduite alimentaire sans un accompagnement adapté. Le traitement des TCA repose sur une prise en charge pluridisciplinaire comprenant un suivi médical, une psychothérapie, cognitivo-comportementale ou familiale, et un suivi nutritionnel. Il n’y a pas de traitements médicamenteux spécifiques pour les TCA, mais certaines molécules peuvent être proposées aux patients pour traiter des troubles associés tels que l’anxiété ou la dépression.
Les troubles des conduites alimentaires affectent principalement les adolescents et les jeunes adultes, mais ils peuvent toucher toutes les tranches d’âge. Environ 10 % de la population serait affectée par un TCA au cours de sa vie. L’anorexie mentale est plus fréquente chez les femmes, comptant pour 80 % des cas. Celles-ci sont aussi plus touchées par la boulimie, tandis que l’hyperphagie boulimique concerne autant les hommes que les femmes.
Le diagnostic des troubles des conduites alimentaires repose sur un entretien médical et psychologique approfondi. Le professionnel de santé évalue les comportements alimentaires, notamment la restriction alimentaire, les accès boulimiques ou la présence d’attitudes compensatoires. Il prend également en compte les pensées négatives liées au poids et à l’image corporelle, ainsi que l’impact des troubles sur la santé physique et mentale, comme l’absence de règles chez les femmes et la survenue de troubles anxieux ou dépressifs.
Parmi les personnes souffrant d'anorexie mentale, on trouve jusqu'à 20 % d'hommes. Pour la boulimie, cette proportion est d'environ 30 %. Mais certains spécialistes pensent que les TCA pourraient concerner beaucoup plus d'hommes : ils souffriraient d'absence ou d'erreur de diagnostic à cause d'un biais de genre (pour la même raison, les maladies cardiaques sont sous-diagnostiquées chez les femmes). D'ailleurs, pour ce qui est de l'hyperphagie boulimique, la proportion d'hommes et de femmes diagnostiqués est quasiment équivalente.
Les personnes souffrant de boulimie mangent plus voire beaucoup plus que les autres certes, mais mettent en place des stratégies pour compenser et ne pas prendre du poids (vomissements, purgatifs, laxatifs, régimes drastiques). Elles peuvent donc souffrir d'un trouble sévère et avoir une silhouette inchangée. Alors que dans les deux autres grands types de TCA, il y a une répercussion visible sur le corps assez rapidement.
On a longtemps suspecté les relations familiales, notamment les relations mère-fille, d’être la cause de survenue des TCA et particulièrement de l'anorexie mentale. Mais aucune étude scientifique n'en a apporté la preuve. En revanche, il est désormais établi que les thérapies familiales sont efficaces pour améliorer l'évolution des symptômes. En d'autres termes, la famille n'est pas le problème mais fait partie des solutions !
Les TCA sont des troubles graves, et même potentiellement mortels pour l'anorexie mentale, qu'il ne faut pas prendre à la légère en pensant que cela passera « tout seul ». Mais plus ils sont pris en charge tôt, et par une équipe multidisciplinaire, plus les chances de guérison sont importantes. Même si le traitement peut s'étaler sur plusieurs années et être parfois difficile à vivre, pour le patient lui-même et pour sa famille, les chances de rémission sont importantes.
Le fonctionnement des cycles menstruels dépend d'hormones secrétées par le cerveau et les ovaires. Or l'état général de l'organisme influence leur fonctionnement. Un déficit ou au contraire un excès pondéral important, la pratique trop intensive d'activités physiques peuvent ainsi suspendre les cycles menstruels, avec pour conséquences des problèmes de fertilité mais aussi de déminéralisation osseuse qui peut entraîner une ostéoporose précoce. Si le TCA est pris en charge rapidement, ces troubles sont tout à fait réversibles.
Environ 10 à 15 % de la population française est en situation d'obésité, c’est-à-dire avec un indice de masse corporelle supérieur à 30. En soi, l'obésité n'est pas un trouble des conduites alimentaires car elle n'inclut pas forcément de dimension psychologique et/ou de souffrance. Mais elle peut être la conséquence d'un TCA comme la boulimie et l'hyperphagie boulimique.
Pour autant, les études épidémiologiques ont montré que souffrir d'anorexie mentale ou de boulimie n’augmente pas le risque d'être obèse par rapport au reste de la population. À l'inverse, l'obésité est fréquemment associée à l'hyperphagie boulimique. D'où l'importance pour les professionnels de santé d'investiguer l'existence de ce trouble chez toutes les personnes en situation de surpoids et d'obésité, et particulièrement celles en demande de chirurgie bariatrique. En cas d'hyperphagie boulimique, il faut mettre en place des soins incluant une thérapie cognitive et comportementale qui a fait ses preuves dans ces situations.
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