Endométriose : mieux évaluer les effets des traitements hormonaux et valider une approche chirurgicale innovante


02 avril 2025
Endométriose : explorer les maladies chroniques et les facteurs associés à la pathologie
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En résumé
Ce projet est mené par Nadjib Mokraoui et Marina Kvaskoff dans l’équipe « Exposome et hérédité » au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations à l’Hôpital Paul Brousse de Villejuif.
Financement accordé à Nadjib Mokraoui en 2022 pour une thèse de science.
L'endométriose provoque des symptômes variés qui sont souvent confondus avec ceux d’autres maladies chroniques.
Les chercheurs explorent l’existence de ces maladies chez les femmes atteintes d’endométriose, en utilisant les données provenant d’une cohorte de patients.
Cela permettra à terme d’améliorer la prise en charge des femmes en permettant un diagnostic plus rapide.
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Le projet en détails
L’endométriose : une pathologie fréquente et handicapante
L’endométriose est une maladie chronique très fréquente, qui toucherait plus de 2 millions de femmes en France. Cette maladie se définit par la présence de tissus semblable à l’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus, en dehors de cet organe. Les symptômes diffèrent selon les femmes et la localisation des lésions. Ils regroupent des règles et rapports sexuels douloureux, des difficultés à uriner, des douleurs abdominales, des troubles digestifs…
Certains symptômes communs avec d’autres maladies chroniques
Certains symptômes peuvent être communs avec des pathologies également fréquentes dans la population, comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) ou le syndrome de l’intestin irritable. Le partage de ces symptômes entre endométriose et d’autres pathologies chroniques peut rendre leur diagnostic difficile. De plus, elles sont parfois associées. Les femmes atteintes d’endométriose sont ainsi fréquemment atteintes d’au moins une autre maladie chronique.
Malgré sa fréquence et ses conséquences importantes, les causes de l’endométriose sont inconnues. Cependant, l’endométriose étant associée à un panel de pathologies très large, les connaissances actuellement disponibles sur les profils des maladies chroniques qui y sont associées sont très limitées. Or, les patientes souffrant d’autres pathologies connaissent souvent des parcours d’errance plus importants, en plus du lourd fardeau physique et psychologique pour les patientes, et de l’enjeu économique et organisationnel pour les services de santé et les pouvoirs publics.
L’étude des profils de maladies chroniques associées à l’endométriose, les « comorbidités » de l’endométriose, pourrait donc permettre d’émettre des hypothèses sur leur origine commune. Cela permettrait également d’étudier l’efficacité des traitements selon ces profils. Une problématique à laquelle s’intéresse Nadjib Mokraoui lors de ce projet.
Une exploration au sein d’une cohorte de patients atteints de maladies chroniques
Le chercheur souhaite explorer ces profils de comorbidité chez les femmes atteintes d’endométriose dans la cohorte ComPaRe, une cohorte de 55 000 patients atteints de maladies chroniques. Les premiers résultats lui ont permis d’identifier 7 profils différents de comorbidités de femmes touchées par l’endométriose. Certains profils ont été associés à un plus long délai diagnostic et par conséquent une plus grande errance médicale.
Son travail se poursuit actuellement pour étudier la qualité de vie et l’évolution des symptômes douloureux au cours du temps chez ces différents profils de patientes.
Ce projet apportera des connaissances importantes qui contribueront à mieux comprendre l’endométriose et à améliorer la prise en charge des femmes qui en sont atteintes.
Témoignage de chercheurNadjib Mokraoui
D’une patiente à l’autre, l’endométriose se manifeste avec des symptômes très hétérogènes. Certains, comme les douleurs abdominales et les troubles digestifs, sont, par exemple, communs avec les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), ce qui rend le diagnostic difficile. D’autant qu’il arrive que ces maladies soient associées : on parle alors de comorbidités. Pour mieux comprendre ces comorbidités, j’ai étudié les données issues de la cohorte ComPaRe, constituée de plus de 55 000 patients souffrant de maladies chroniques. J’ai pu identifier sept profils différents de femmes souffrant d’endométriose : celles avec peu ou pas de comorbidités ; celles souffrant aussi de fibromyalgie, douleurs chroniques et/ou du syndrome de l’intestin irritable ; celles souffrant aussi de dépression ou de troubles anxieux ; celles atteintes d’asthme, d’allergies et/ou de maladies dermatologiques chroniques ; celles présentant une maladie de la thyroïde ; celles atteintes de kystes ovariens ou syndrome des ovaires polykystiques ; et enfin celles souffrant aussi de migraine. Mon analyse montre par ailleurs que le nombre de comorbidités est positivement associé à un plus long délai de diagnostic et donc à une errance médicale plus importante. Avec mes collègues, nous allons maintenant étudier la qualité de vie et l’évolution des symptômes douloureux au cours du temps chez ces différents profils de patientes, en analysant les données prospectives de suivi sur une période de cinq ans.
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